À Moosch, S’Lottie Stüwa fait revivre l’esprit des cafés de village. Pensé comme un lieu de rencontre et de partage, cet espace convivial rassemble les générations et redonne vie au cœur du village. Charlotte Etterlen revient sur la naissance du projet et sa première année d’activité.
– S’Lottie Stüwa, c’est bien plus qu’un café. Comment est née l’idée de créer un lieu “comme à la maison” à Moosch ?
J’ai eu envie de créer un lieu convivial où tout le monde pourrait prendre plaisir à se retrouver, un lieu de rencontre situé entre un bar « simple » et un restaurant.
Je suis originaire du village, mes arrière-grands-parents géraient même un café-bar à Moosch autrefois ! Ce projet m’a semblé évident.
Charlotte ETTERLEN – Créatrice et gérante du café-bar S’Lottie Stüwa
– Les cafés de village ont longtemps été des lieux de vie essentiels. Qu’est-ce que vous aviez envie de faire revivre à travers ce projet ?
Le fait de se retrouver et de partager, de raviver des souvenirs, de recréer du lien. L’idée est de faire se croiser dans un même lieu des adolescents, des retraités, des enfants, des conscrits… Je souhaite que S’Lottie Stüwa soit un lieu intergénérationnel et emblématique, dans lequel chacun pousse la porte en se doutant qu’il croisera quelqu’un qu’il connaît, avec qui il pourra discuter, prendre des nouvelles…
– Ouvrir un lieu comme celui-ci, c’est aussi un pari entrepreneurial. Quels ont été les principaux défis au moment du lancement ?
Tout d’abord, faire croire en mon projet. La première banque que j’ai rencontrée pour ma demande de financement affirmait être super emballée… mais n’a finalement jamais donné de suite à notre rendez-vous.
Au lancement, j’ai aussi eu quelques surprises liées au contexte administratif et réglementaire. Par exemple, le café étant est à proximité de la nécropole nationale française de Moosch : pour pouvoir aménager ma terrasse, j’ai dû réaliser un dossier détaillé et très argumenté ! Le rachat de la licence IV a aussi été finalisé chez le notaire quelques heures avant mon inauguration !
J’ai aussi dû apprendre à me libérer de certains blocages que je m’imposais à moi-même. Par exemple, je me sentais obligée d’embaucher quelqu’un issu de la restauration au poste de serveur/serveuse. Finalement, j’ai préféré recruter une jeune femme du village de Moosch et ça se passe très bien.
– Vous avez été accompagnée par France Active Alsace, notamment via une garantie bancaire. En quoi cet appui a-t-il été déterminant pour concrétiser votre projet ?
C’est grâce à France Active Alsace que j’ai pu ouvrir S’Lottie Stüwa : aucune banque ne m’aurait financée si je n’avais pas obtenu la garantie bancaire.
En plus du financement, France Active Alsace, c’est aussi un accompagnement, une écoute, des conseils…
– Un an après l’ouverture, quel regard portez-vous sur cette première année d’activité ? Comment le lieu est-il investi par les habitant·es ?
L’idée plaît bien, les gens sont au rendez-vous. Les résidents de la maison de retraite viennent fêter leurs anniversaires au café, le Club de foot a sa table préférée etc.
Les animations et événements sont aussi très bien reçus. Les soirées food-trucks, la soirée carnaval, la soirée carpes frites, la fête de la bière, les concerts rassemblent beaucoup de monde !
– Et maintenant, quelles sont vos envies ou pistes pour la suite ?
Je souhaite continuer à faire du lien dans le village. J’ai beaucoup d’idées pour le prochain programme d’animations au café : ateliers culinaires, ateliers crochets… Je me réjouis aussi de fêter dignement le premier anniversaire de S’Lottie Stüwa le weekend du 16 avril !
– Si vous deviez donner un conseil à quelqu’un qui rêve d’ouvrir un lieu de vie comme le vôtre, ce serait lequel ?
D’appeler France Active !
Mais aussi de croire en son projet, de ne pas se laisser décourager tout en restant prudent, d’être prêt à faire des concessions.
De faire des recherches pour ne pas idéaliser, de comparer, de négocier, d’être à l’écoute des conseils et des bons plans. Je conseille surtout de bien s’entourer, de rencontrer d’autres entrepreneurs, de faire du réseau.
