Reprendre le flambeau en toute confiance

8 Juil 2024

Année après année, France Active développe son activité de garant tout en concentrant son action auprès des publics les plus fragiles, rencontrant des difficultés d’accès à la banque. Nous consolidons ainsi la relation entre l’entrepreneur et son banquier en contribuant au développement d’une confiance réciproque. 

Aurélie LOMBARD

Alsace Canoës

Aurélie , pourriez-vous nous raconter le contexte de la reprise d’Alsace Canoës ?

Après une première expérience dans l’entrepreneuriat et une séparation, j’ai intégré Alsace Canoës en 2015.
Je me suis très rapidement investie dans ce travail qui me passionne et c’est sans doute cela qui a fait que Michel m’a proposé de prendre sa suite 32 ans après qu’il ait crée l’entreprise. Le cédant m’a laissé l’opportunité de me projeter dans le rôle de cheffe d’entreprise pendant un an ce qui a confirmé mon envie de me lancer en mai 2023.

Sophie, quels étaient les besoins d’Aurélie lors de votre rencontre ?

Aurélie est arrivée avec un projet bien préparé et une problématique de financement. Même si elle reprenait une entreprise qu’elle connaissait bien – pour y avoir travaillé huit ans – et qui était rentable, les banquiers sollicités se montraient tout de même frileux pour lui octroyer le prêt nécessaire à la reprise.
L’obtention de la garantie et du prêt d’honneur auprès du réseau Initiative ont permis de débloquer la situation. Ainsi, elle a pu obtenir un financement dans de bonnes conditions notamment sans engager sa caution personnelle ce qui l’a beaucoup rassuré compte tenu de sa situation personnelle.
Aurélie est une femme courageuse qui sait fédérer autour de son projet et qui a la sagesse de s’entourer et de suivre les conseils qui lui sont donnés.

Sophie DIRRINGER

Chargée d’Expertise pour France Active Alsace

Aurélie, quel a été votre ressenti concernant l’accompagnement de France Active Alsace et d’Initiative Alsace Centrale ?

Leurs accompagnements ont été top ! J’ai rencontré des personnes très accessibles et qui comprenaient parfaitement mes problématiques. C’était très rassurant pour moi de pouvoir échanger sur mon projet de reprise et d’avoir un retour de professionnels.
Le point le plus important était l’aspect financier : j’ai rencontré plusieurs banquiers et aucun ne m’aurait financé sans garantie ni prêt d’honneur.

Si vous deviez résumer en trois mots votre expérience de l’entrepeneuriat ?

Tout d’abord, je dirais épanouissement : même si je suis passée par toutes les étapes et me suis remise en question mille fois je suis aujourd’hui épanouie et j’ai confiance en moi.
Ensuite, je dirais courage : il faut en avoir face à l’inconnu et également pour aller jusqu’au bout du projet malgré les quelques péripéties que l’on peut rencontrer. Et puis, je dirais la réussite : celle que je souhaite à Alsace Canoës et à tous ceux qui entreprennent.

Comment voyez-vous l’avenir d’Alsace Canoës ?

Avec l’équipe, nous avons à coeur de garder l’activité de canoë comme un plaisir, c’est pourquoi nous ne souhaitons pas encourager la sur-fréquentation de nos cours d’eau.
Nous souhaitons en revanche développer l’offre d’hébergement (chalet, tente, cabane, aire de bivouac) qui n’est pas assez connue !

Alsace Canoës

📍 Route de Marckolsheim, 67600 Sélestat

📞 03 88 08 13 01

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Denise ARNOLD

Présidente de Patrimoine et Emploi

Denise, pouvez vous nous en dire plus sur Patrimoine et Emploi ?

Depuis près de 20 ans, Patrimoine et Emploi permet à 22 personnes éloignées de l’emploi de reprendre pied par l’activité. En 2024, face à des défis de structuration et de trésorerie, l’association a sollicité France Active Alsace pour un soutien à la fois financier et stratégique.

Nous faisions face à une tension de trésorerie sérieuse, liée à des retards de versement de subventions. Le prêt à taux zéro a été une bouffée d’oxygène, et l’accompagnement nous a permis de poser les bonnes questions sur notre modèle.

Quels défis rencontre votre structure ?

Comme beaucoup d’acteurs de l’insertion, nous devons conjuguer qualité de l’accompagnement social et équilibre économique.
Cela implique de chercher des chantiers adaptés, d’ajuster nos moyens, et parfois de nous réinventer dans notre fonctionnement, qui plus est, en milieu rural.

 

Justement, quelles sont ces spécificités en milieu rural ?

L’insertion en zone rurale, c’est autre chose. Il faut composer avec un tissu économique plus restreint, une moindre densité d’opportunités, et des publics parfois très éloignés de l’emploi. On ne peut pas tout faire. Il faut identifier des activités compatibles avec le rythme et les capacités des personnes qu’on accompagne. Et cela suppose de travailler main dans la main avec les acteurs locaux.

 

Vous évoquez aussi la nécessité de “sortir de la vallée”. Que voulez-vous dire ?

Nous sommes très ancrés localement, mais pour assurer la pérennité de notre projet, il faut aussi regarder au-delà. Sortir de la vallée, c’est nouer des partenariats, construire de nouvelles synergies, renforcer notre visibilité.

 

Quel message souhaitez-vous faire passer ?

L’insertion est une richesse pour les territoires. Il faut l’entretenir, l’adapter, la soutenir. Et cela passe par une coopération active entre acteurs associatifs, collectivités, partenaires économiques et financeurs.