Pour une économie en transition avec le créaLab REGENERE

10 Juil 2023

Les Jardins du Papi, maraîchage biologique et conserves.

Jean-Luc  , racontez-nous votre projet et dites-nous en quoi est-il engagé ?

Il s’agit de produire localement des légumes et petits fruits en culture biologique (Les Jardins du Papi) pour dans un second temps les transformer en cuisine créative (La Fabuleuse Cantine) et ainsi leur redonner localement une valeur sociale (grâce aux postes créés en insertion), environnementale (grâce au bio et à la lutte antigaspi) et économique (au travers de structures produisant de l’emploi local).

Jean-Luc  , que vous a apporté le programme créaLab ?

Ma participation au Créa-lab a apporté à mon projet une dynamique et un coup de boost que je n’aurais peut-être pas trouvé sans cela. Il m’a aussi permis d’accéder à un réseau local indispensable à notre évolution. Cet atelier m’a fait rencontrer les intervenants administratifs et politiques qui me manquait pour la bonne compréhension de l’écosystème du Lunévillois. Il m’a aussi obligé à confronter le projet à un auditoire neuf et à répondre à des questions inattendues qui m’ont amené à des ajustements particulièrement au niveau de la communication. En bref, ça a été un formidable lieu de rencontre et d’émulation entre des créateurs venus d’horizons divers et de cultures différentes. Une expérience pour ma part très enrichissante.

Jean-Luc Bastien
Président des Jardins du Papi

Denise ARNOLD

Présidente de Patrimoine et Emploi

Denise, pouvez vous nous en dire plus sur Patrimoine et Emploi ?

Depuis près de 20 ans, Patrimoine et Emploi permet à 22 personnes éloignées de l’emploi de reprendre pied par l’activité. En 2024, face à des défis de structuration et de trésorerie, l’association a sollicité France Active Alsace pour un soutien à la fois financier et stratégique.

Nous faisions face à une tension de trésorerie sérieuse, liée à des retards de versement de subventions. Le prêt à taux zéro a été une bouffée d’oxygène, et l’accompagnement nous a permis de poser les bonnes questions sur notre modèle.

Quels défis rencontre votre structure ?

Comme beaucoup d’acteurs de l’insertion, nous devons conjuguer qualité de l’accompagnement social et équilibre économique.
Cela implique de chercher des chantiers adaptés, d’ajuster nos moyens, et parfois de nous réinventer dans notre fonctionnement, qui plus est, en milieu rural.

 

Justement, quelles sont ces spécificités en milieu rural ?

L’insertion en zone rurale, c’est autre chose. Il faut composer avec un tissu économique plus restreint, une moindre densité d’opportunités, et des publics parfois très éloignés de l’emploi. On ne peut pas tout faire. Il faut identifier des activités compatibles avec le rythme et les capacités des personnes qu’on accompagne. Et cela suppose de travailler main dans la main avec les acteurs locaux.

 

Vous évoquez aussi la nécessité de “sortir de la vallée”. Que voulez-vous dire ?

Nous sommes très ancrés localement, mais pour assurer la pérennité de notre projet, il faut aussi regarder au-delà. Sortir de la vallée, c’est nouer des partenariats, construire de nouvelles synergies, renforcer notre visibilité.

 

Quel message souhaitez-vous faire passer ?

L’insertion est une richesse pour les territoires. Il faut l’entretenir, l’adapter, la soutenir. Et cela passe par une coopération active entre acteurs associatifs, collectivités, partenaires économiques et financeurs.