Portrait bénévole : André FLEITH

7 Mai 2025

affiche portrait Pierre Hoerter

Aujourd’hui, nous partons à la rencontre d’André, administrateur impliqué, qui nous partage son parcours, son regard sur l’association et ce que son engagement lui apporte au quotidien. Un témoignage sincère et inspirant sur la richesse du bénévolat et l’importance de soutenir celles et ceux qui construisent une économie plus inclusive et solidaire.

Pouvez-vous vous présenter en quelques mots ?

J’ai travaillé pendant vingt ans dans le secteur bancaire, principalement en tant que chargé de clientèle entreprises puis directeur d’agence, au Crédit Mutuel et à la Banque Populaire. Mon expérience repose beaucoup sur l’accompagnement des entreprises, la gestion de portefeuilles clients et l’animation d’équipes.

En 2002, j’ai changé de secteur pour rejoindre AG2R La Mondiale, où j’ai été directeur régional Alsace-Lorraine dans le domaine de l’assurance de personnes. C’est là que j’ai découvert l’action sociale et commencé à croiser la route de France Active Alsace.

 

Pourriez-vous nous raconter cette rencontre ?

À l’époque, AG2R La Mondiale finançait déjà des projets à dimension sociale, et c’est ainsi que nous avons commencé à soutenir France Active Alsace, alors appelée Alsace Active. Nous avons même sollicité leurs équipes pour des missions de diagnostic et d’analyse. C’est dans ce contexte que Jean-Yves Montargeron m’a proposé de devenir administrateur.

 

Comment votre engagement bénévole a-t-il évolué depuis vos débuts ?

Au départ, j’étais encore très pris professionnellement, donc je participais aux conseils d’administration de manière ponctuelle. Puis, à la fin de ma carrière, j’ai souhaité m’impliquer plus sérieusement.

J’ai commencé par assister aux comités de décision TPE, puis ESS, jusqu’à en prendre la présidence. Ce rôle m’a permis de mieux comprendre l’action de France Active et de retrouver, dans une certaine mesure, mon ancien métier de banquier, mais avec une approche plus humaine, plus en phase avec mes convictions.

 

Y a-t-il une rencontre, une mission ou un moment qui vous a particulièrement marqué ?

Ce n’est pas un moment en particulier, mais plutôt l’ensemble des rencontres avec les équipes, la culture de l’association, l’intelligence collective qu’on retrouve dans les comités.

Participer aux séminaires ou aux événements animés par les équipes, m’a permis de mieux comprendre le fonctionnement global et d’incarner mon rôle d’administrateur de manière plus impliquée, tout en gardant le recul nécessaire.

 

Qu’apprenez-vous, ou continuez-vous d’apprendre, à travers cet engagement ?

Je découvre d’autres manières d’analyser un projet, grâce à la diversité des profils dans les comités. On croise des experts-comptables, des avocats, des banquiers, des anciens entrepreneurs… Chacun apporte une lecture différente. C’est très enrichissant.

J’apprends aussi à mieux comprendre les réalités économiques locales et les enjeux spécifiques à certains territoires ou secteurs.

 

À votre avis, qu’est-ce qui rend l’action de France Active Alsace utile et précieuse aujourd’hui ?

France Active apporte une analyse à 360°, bien au-delà des simples critères financiers. On évalue l’utilité sociale, l’impact local, la gouvernance… Cela permet d’accompagner des projets que d’autres financeurs n’oseraient pas soutenir.

Et surtout, France Active agit comme une locomotive : son engagement déclenche souvent celui d’autres partenaires financiers. On crée un véritable effet de levier.

 

Si vous deviez décrire l’ambiance ou la culture de l’association à quelqu’un qui ne la connaît pas, que diriez-vous ?

C’est un bain de jouvence ! Les équipes sont jeunes, dynamiques, enthousiastes, engagées. Il y a une vraie énergie, une volonté d’innover, d’animer les territoires autrement.

Je viens avec plaisir à chaque rencontre, parce que je ressens une grande cohérence entre les valeurs de l’association et les personnes qui y travaillent.

 

Y a-t-il une cause ou une thématique qui vous tient particulièrement à cœur chez France Active Alsace ?

Oui, l’accompagnement et la formation des dirigeants, notamment dans l’ESS. Trop de structures reposent uniquement sur l’énergie de leur porteur, mais manquent d’outils pour pérenniser leur activité.

Le programme Eurêka, lancé par France Active Grand Est, est une vraie avancée : il permet aux entrepreneurs d’apprendre à structurer leur modèle économique, leur stratégie, leur gestion. C’est un levier fondamental pour faire grandir les structures et éviter des échecs évitables.

 

Denise ARNOLD

Présidente de Patrimoine et Emploi

Denise, pouvez vous nous en dire plus sur Patrimoine et Emploi ?

Depuis près de 20 ans, Patrimoine et Emploi permet à 22 personnes éloignées de l’emploi de reprendre pied par l’activité. En 2024, face à des défis de structuration et de trésorerie, l’association a sollicité France Active Alsace pour un soutien à la fois financier et stratégique.

Nous faisions face à une tension de trésorerie sérieuse, liée à des retards de versement de subventions. Le prêt à taux zéro a été une bouffée d’oxygène, et l’accompagnement nous a permis de poser les bonnes questions sur notre modèle.

Quels défis rencontre votre structure ?

Comme beaucoup d’acteurs de l’insertion, nous devons conjuguer qualité de l’accompagnement social et équilibre économique.
Cela implique de chercher des chantiers adaptés, d’ajuster nos moyens, et parfois de nous réinventer dans notre fonctionnement, qui plus est, en milieu rural.

 

Justement, quelles sont ces spécificités en milieu rural ?

L’insertion en zone rurale, c’est autre chose. Il faut composer avec un tissu économique plus restreint, une moindre densité d’opportunités, et des publics parfois très éloignés de l’emploi. On ne peut pas tout faire. Il faut identifier des activités compatibles avec le rythme et les capacités des personnes qu’on accompagne. Et cela suppose de travailler main dans la main avec les acteurs locaux.

 

Vous évoquez aussi la nécessité de “sortir de la vallée”. Que voulez-vous dire ?

Nous sommes très ancrés localement, mais pour assurer la pérennité de notre projet, il faut aussi regarder au-delà. Sortir de la vallée, c’est nouer des partenariats, construire de nouvelles synergies, renforcer notre visibilité.

 

Quel message souhaitez-vous faire passer ?

L’insertion est une richesse pour les territoires. Il faut l’entretenir, l’adapter, la soutenir. Et cela passe par une coopération active entre acteurs associatifs, collectivités, partenaires économiques et financeurs.