Portrait collaborateur : Schéhérazade LOUKILI

26 Nov 2024

Schéhérazade Loukili incarne un parcours riche et polyvalent, à la croisée de la sociologie, de l’entrepreneuriat et de l’accompagnement professionnel. Actuellement cheffe de projet pour CitésLab au sein de France Active Alsace, elle met son expertise au service de l’accompagnement entrepreneurial, avec une passion particulière pour le dynamisme et l’inclusion sociale à Mulhouse. Engagée et inspirante, elle contribue à révéler les talents locaux et à soutenir des projets ambitieux et porteurs de sens. Découvrez son portrait à travers cette interview !

Peux-tu nous raconter ton parcours jusqu’à aujourd’hui ?

« J’ai suivi des études en sociologie à Strasbourg avant de commencer ma vie professionnelle. Pendant sept ans, j’ai travaillé dans le secteur social, d’abord au sein d’un bailleur social, puis dans un centre socioculturel. En 2018, j’ai fondé ma première entreprise tout en suivant une formation en coaching professionnel. Par la suite, j’ai occupé un poste d’acheteuse industrielle dans le secteur bancaire.

En 2019, j’ai lancé une nouvelle entreprise spécialisée dans la formation, qui est toujours active aujourd’hui. J’ai ensuite exercé pendant deux ans et demi comme conseillère en insertion professionnelle auprès d’adultes.

Je n’étais pas en recherche active d’emploi, mais, au cours d’une veille, je suis tombée sur une offre pour le poste de Révélateur de talents pour le dispositif CitésLab, porté par France Active Alsace. J’ai immédiatement ressenti que ce poste était fait pour moi, alors j’ai décidé de postuler.

 

Peux-tu nous présenter CitésLab ?

CitésLab est un dispositif national d’accompagnement entrepreneurial, gratuit et sans limite de durée, conçu pour soutenir les porteurs de projets. Il s’adresse en priorité aux personnes en phase de création d’entreprise, dans le cadre du programme Entrepreneuriat Quartier 2030.

Depuis 2021, France Active Alsace porte le dispositif dans les quartiers prioritaires de Mulhouse Alsace Agglomération. Véritable outil d’émergence, CitésLab est le “premier km” du parcours de création pour les entrepreneurs des Quartiers Prioritaires de la politique de la Ville (QPV)

 

En quoi CitésLab joue un rôle essentiel sur un territoire comme Mulhouse ?

À Mulhouse, je perçois un véritable potentiel entrepreneurial. CitésLab offre un accompagnement gratuit et un diagnostic global, sans nécessiter de chèque créa. Sur le territoire de M2A, il s’agit du seul dispositif qui propose l’accueil et l’accompagnement du porteur, de l’émergence d’un projet jusqu’au développement de l’entreprise, même des années après la création.

 

A quoi ressemble une journée type ?

Chaque journée est unique ! Je peux aussi bien être sur le terrain pour rencontrer des partenaires, accueillir des porteurs de projets en rendez-vous individuels, ou encore participer à l’animation d’événements liés à l’entrepreneuriat.

La présence sur le terrain est essentielle pour que CitésLab soit reconnu comme un acteur de proximité, tant par l’écosystème de la création d’entreprise que par les entrepreneurs eux-mêmes.

Lors des rendez-vous, nous effectuons des diagnostics de projet : certains porteurs arrivent avec une idée très précise et une grande autonomie, tandis que d’autres ont besoin d’un accompagnement plus approfondi pour surmonter certains freins. Quand c’est pertinent, nous les orientons vers la prochaine étape de leur parcours entrepreneurial.

 

Qu’est-ce qui te motive le plus dans ton travail ?

 

Contribuer au dynamisme et à l’attractivité de Mulhouse me tient énormément à cœur, car je suis très attachée à ma ville. Pour moi, réussir, c’est voir des personnes persévérer, s’accrocher à leurs projets et à se donner les moyens de réaliser leurs rêves. Ces parcours inspirants sont une source de motivation quotidienne pour moi !

 

Peux-tu nous partager une anecdote sur l’un de tes porteurs de projets qui t’a particulièrement marquée ?

 

Tous les projets sont uniques et méritent une attention particulière, mais celui de Madame B. m’a particulièrement marquée.

Maman monoparentale de trois enfants vivant sur un territoire isolé, elle porte un projet ambitieux : créer une association culturelle autour de la parentalité. Son objectif est de mettre en place un espace de rencontres entre enfants et parents, tout en développant des actions intergénérationnelles dans une zone où ces besoins sont criants. Parallèlement, elle souhaite se lancer en tant qu’autoentrepreneur pour accompagner et soutenir les familles ainsi que les collectivités de son territoire.

Son engagement et sa détermination à concilier ses projets professionnels et familiaux sont véritablement inspirants ! 

 

Est ce que tu as un talent caché ?

 

J’adore les comédies musicales et je ne manque jamais une occasion d’en voir sur scène. J’adore rire et faire rire, c’est ma petite dose de bonheur au quotidien !

Et pour la petite anecdote, je maîtrise à la perfection le salut vulcain de Spock… avec les deux mains !

 

Denise ARNOLD

Présidente de Patrimoine et Emploi

Denise, pouvez vous nous en dire plus sur Patrimoine et Emploi ?

Depuis près de 20 ans, Patrimoine et Emploi permet à 22 personnes éloignées de l’emploi de reprendre pied par l’activité. En 2024, face à des défis de structuration et de trésorerie, l’association a sollicité France Active Alsace pour un soutien à la fois financier et stratégique.

Nous faisions face à une tension de trésorerie sérieuse, liée à des retards de versement de subventions. Le prêt à taux zéro a été une bouffée d’oxygène, et l’accompagnement nous a permis de poser les bonnes questions sur notre modèle.

Quels défis rencontre votre structure ?

Comme beaucoup d’acteurs de l’insertion, nous devons conjuguer qualité de l’accompagnement social et équilibre économique.
Cela implique de chercher des chantiers adaptés, d’ajuster nos moyens, et parfois de nous réinventer dans notre fonctionnement, qui plus est, en milieu rural.

 

Justement, quelles sont ces spécificités en milieu rural ?

L’insertion en zone rurale, c’est autre chose. Il faut composer avec un tissu économique plus restreint, une moindre densité d’opportunités, et des publics parfois très éloignés de l’emploi. On ne peut pas tout faire. Il faut identifier des activités compatibles avec le rythme et les capacités des personnes qu’on accompagne. Et cela suppose de travailler main dans la main avec les acteurs locaux.

 

Vous évoquez aussi la nécessité de “sortir de la vallée”. Que voulez-vous dire ?

Nous sommes très ancrés localement, mais pour assurer la pérennité de notre projet, il faut aussi regarder au-delà. Sortir de la vallée, c’est nouer des partenariats, construire de nouvelles synergies, renforcer notre visibilité.

 

Quel message souhaitez-vous faire passer ?

L’insertion est une richesse pour les territoires. Il faut l’entretenir, l’adapter, la soutenir. Et cela passe par une coopération active entre acteurs associatifs, collectivités, partenaires économiques et financeurs.