Portrait collaborateur : Sonia RAPIN-STIEFEL

28 Juin 2024

Depuis 24 ans, Sonia RAPIN-STIEFEL porte la flamme de l’entrepreneuriat sur le territoire alsacien. De ses débuts en tant que chargée d’expertise jusqu’à ses fonctions actuelles de responsable de pôle et de directrice adjointe, elle s’est constamment investie pour donner une chance à tous d’entreprendre. Plus récemment, Sonia a eu l’honneur de porter la flamme olympique à Strasbourg, une fierté non seulement pour elle, mais aussi pour toute notre équipe. À cette occasion, nous vous invitons à découvrir son parcours inspirant à travers cette interview …

Sonia, peux-tu nous parler de ton parcours et du chemin qui t’a conduit jusqu’à France Active Alsace ?

 

J’ai commencé par des études en gestion à la Faculté de droit de Strasbourg. Après l’obtention de mes diplômes, j’ai dirigé pendant cinq ans un organisme de formation spécialisé en gestion d’entreprise. Cette expérience m’a permis de rencontrer de nombreux dirigeants œuvrant dans le domaine de l’insertion professionnelle. Ces interactions ont éveillé en moi un désir profond d’adopter une approche plus sociale de l’entrepreneuriat. C’est ainsi que j’ai décidé de reprendre des études en sociologie pour aligner ma carrière avec mes nouvelles aspirations. Aujourd’hui, chez France Active Alsace, je peux pleinement concilier mes valeurs personnelles avec mes compétences professionnelles.

Quel est ton rôle et quelles sont tes missions aujourd’hui ?

 

Mon premier rôle consiste avant tout à diriger une équipe de huit personnes, le management occupe une place centrale dans mon quotidien. Ma deuxième mission est de prendre mon « bâton de pèlerin » pour aller à la rencontre des acteurs de l’écosystème de l’entrepreneuriat, et notamment auprès des banques, afin que France Active soit connu et reconnu en Alsace. Enfin, la mission la plus importante à mes yeux, c’est d’aider les créateurs d’entreprise à obtenir leurs financements dans de bonnes conditions, notamment en les protégeant personnellement. 

Comment ton rôle et tes responsabilités ont évolué au fil des années ?

 

Mon rôle a considérablement évolué et c’est ce qui est passionnant ! Lorsque je suis arrivée chez France Active Alsace, nous n’étions que trois personnes. Il a fallu convaincre de notre utilité sur le territoire, développer l’activité et la pérenniser. En clair, il fallait être agile, autonome et surtout avoir la foi. Les missions et pratiques ont tellement évoluée en 24 ans, que j’ai l’impression d’avoir grandi et progressé en même temps que France Active Alsace ! Grâce à cela, maintenant, je peux me consacrer pleinement à mon pôle et aider les porteurs de projets de manière plus efficace.

Qu’est ce qui te motive dans ton travail ?

 

Ce qui me motive le plus, c’est d’avoir la chance de travailler avec une équipe solidaire et professionnelle, animée par l’envie de faire bouger les lignes. Grâce à leur engagement, France Active Alsace continue de prospérer en proposant des solutions innovantes. Cela bénéficie grandement aux entrepreneurs de la région, en particulier ceux aux parcours atypiques, qui apportent des perspectives nouvelles et enrichissantes. De plus, je suis profondément motivée par mon désir de servir et de soutenir mon territoire.

Comment le métier et l’accompagnement des entrepreneurs ont évolué ?

 

Lorsque je suis arrivé, il n’existait pas de pôle entrepreneuriat tel qu’il existe aujourd’hui. Avec l’évolution de mes responsabilités, parallèlement à la croissance des projets, nous sommes passés de 25 à plus de 300 projets financés par an. Cela a non seulement développé notre structuration interne avec le renforcement de l’équipe, mais aussi notre impact institutionnel. En outre, ma présence sur le terrain a été cruciale pour cette évolution. Aller à la rencontre des porteurs et porteuses de projets m’a permis de mieux comprendre leurs besoins et de m’adapter efficacement à diverses situations.

Est-ce que c’est plus compliqué d’entreprendre aujourd’hui ?

 

Bien sûr que non ! Aujourd’hui, il est de plus en plus facile, surtout pour les jeunes, de se lancer dans l’entrepreneuriat. Entreprendre est devenu une véritable alternative à l’emploi traditionnel, et n’est plus seulement un rêve inatteignable. Cependant, certains défis subsistent, comme le coût des fonds de commerce et les risques inhérents. Cela ne doit toutefois pas décourager les entrepreneurs. Il est essentiel de se lancer tout en s’entourant des bonnes personnes et des bons conseils pour réussir son projet.

Est-ce que les besoins des entrepreneurs ont changé ?

 

L’écosystème de l’entrepreneuriat c’est considérablement enrichi ses dix dernières années. Aujourd’hui, les entrepreneurs sont souvent pressés, très renseignés sur toutes les possibilités d’entreprendre. Ils ont davantage envie de passer par une phase de tester de leur idée avant de se lancer, afin de minimiser leurs risques. La crise sanitaire et son lot de profils en pleine reconversion ont marqué une nouvelle ère de l’entrepreneuriat avec l’envie de donner plus de sens à sa vie professionnelle. Dans ce contexte en évolution rapide, les entrepreneurs doivent s’adapter et se préparer soigneusement pour réussir dans un environnement changeant et parfois incertain…

Qu’est-ce que cela représente pour toi d’avoir porté la flamme olympique ?

 

Avoir fait partie de la centaine de personnes qui ont porté la flamme olympique lors de son passage en Alsace a été pour moi une immense source de fierté et d’inspiration !  J’ai eu la chance d’être sélectionnée pour participer à ce relais, qui permet d’aller à la rencontre des français dans leur diversité autour de valeurs tellement importantes en ce moment. De pouvoir montrer qu’ensemble nous pouvons surmonter les défis et réaliser des choses extraordinaires. C’est un privilège de participer à un événement qui inspire tant de personnes à travers le monde et qui incarne des valeurs d’unité et de paix que je chéris profondément. Au-delà de cela, c’est également une récompense pour notre association qui œuvre au quotidien pour une société plus inclusive, plus solidaire et plus durable !

Denise ARNOLD

Présidente de Patrimoine et Emploi

Denise, pouvez vous nous en dire plus sur Patrimoine et Emploi ?

Depuis près de 20 ans, Patrimoine et Emploi permet à 22 personnes éloignées de l’emploi de reprendre pied par l’activité. En 2024, face à des défis de structuration et de trésorerie, l’association a sollicité France Active Alsace pour un soutien à la fois financier et stratégique.

Nous faisions face à une tension de trésorerie sérieuse, liée à des retards de versement de subventions. Le prêt à taux zéro a été une bouffée d’oxygène, et l’accompagnement nous a permis de poser les bonnes questions sur notre modèle.

Quels défis rencontre votre structure ?

Comme beaucoup d’acteurs de l’insertion, nous devons conjuguer qualité de l’accompagnement social et équilibre économique.
Cela implique de chercher des chantiers adaptés, d’ajuster nos moyens, et parfois de nous réinventer dans notre fonctionnement, qui plus est, en milieu rural.

 

Justement, quelles sont ces spécificités en milieu rural ?

L’insertion en zone rurale, c’est autre chose. Il faut composer avec un tissu économique plus restreint, une moindre densité d’opportunités, et des publics parfois très éloignés de l’emploi. On ne peut pas tout faire. Il faut identifier des activités compatibles avec le rythme et les capacités des personnes qu’on accompagne. Et cela suppose de travailler main dans la main avec les acteurs locaux.

 

Vous évoquez aussi la nécessité de “sortir de la vallée”. Que voulez-vous dire ?

Nous sommes très ancrés localement, mais pour assurer la pérennité de notre projet, il faut aussi regarder au-delà. Sortir de la vallée, c’est nouer des partenariats, construire de nouvelles synergies, renforcer notre visibilité.

 

Quel message souhaitez-vous faire passer ?

L’insertion est une richesse pour les territoires. Il faut l’entretenir, l’adapter, la soutenir. Et cela passe par une coopération active entre acteurs associatifs, collectivités, partenaires économiques et financeurs.