Ouvrir mon propre restaurant à 22 ans

13 Déc 2023

En 2022, France Active a intensifié son soutien aux entrepreneurs les plus fragiles, via son programme dédié Accès+. Soutenu par le ministère du Travail, du Plein emploi et de l’Insertion au travers de l’appel à projets Inclusion par le travail indépendant, Accès+ a permis d’accompagner 4 000 entrepreneurs au niveau national. Parmi eux, la moitié a pu bénéficier de la prime versée par l’État pour les créateurs d’entreprise âgés de 18 à 30 ans.

Sophie BOHN

Créatrice du restaurant BellAlsace

Sophie, comment est née l’idée d’ouvrir votre propre restaurant ?

Passionnée par le domaine de la restauration, j’ai voulu relever un nouveau défi : ouvrir mon propre restaurant à 22 ans. La gestion de projet m’a toujours passionnée et mes expériences professionnelles au sein de différents restaurants m’ont poussées à ouvrir mon propre établissement. J’ai souvent travaillé dans le domaine de la restauration à côté de mes études et pendant quelques mois, dans un restaurant au poste d’assistante manager. Ce poste à responsabilité m’a conforté dans mon envie de devenir gérante de mon établissement et d’avoir mon équipe avec laquelle évoluer.

Le restaurant a été acheté par une connaissance de ma famille. Implanté à Gerstheim, le village à côté de celui duquel j’ai grandi, j’ai tout de suite été intéressée pour prendre la direction de l’établissement car je savais que ce restaurant avait un énorme potentiel et que la demande était présente. Ayant des parents issus du domaine de la restauration, j’ai pu bénéficier de leurs conseils et de leurs savoir-faire. C’est ainsi que ce projet est devenu un restaurant familial, tout ce que je souhaitais.

Stéphanie, quels étaient les besoins de Sophie lorsque vous l’avez rencontré ?

Lors du premier entretien, Sophie venait de trouver le restaurant qu’elle souhaitait reprendre tout en finalisant la carte des plats avec son père – associé à ce projet familial. Ses démarches auprès des banques étaient déjà initiées et suite à notre accord de garantie, Sophie a pu obtenir un prêt au sein de la banque de son choix. En complément d’une garantie, Sophie a suivi le parcours d’accompagnement Accès+ : lors de l’atelier, elle a rencontré d’autres porteurs de projets et en suivant des webinaires elle a obtenu un maximum d’informations pour faire les bons choix. Enfin, Sophie a reçu une prime quelques mois après le début de son activité pour l’aider à démarrer sereinement !

Stéphanie Schott portrait France active Alsace

Stéphanie SCHOTT

Chargée d’Expertise pour France Active Alsace

Sophie  , quel a été votre ressenti concernant l’accompagnement France Active Alsace ?

Leurs conseils m’ont permis de faire les choses dans l’ordre et de me poser les bonnes questions au bon moment. Me sentir soutenue m’a donné plus confiance en moi à chaque étape.

Le point le plus important était l’aspect financier : avant de bénéficier de la garantie France Active, j’ai eu le refus d’une banque concernant ma demande de prêt. Une autre banque m’accordait le prêt à condition d’obtenir la garantie.

Cela peut vite devenir compliqué de faire face aux banques lorsqu’on est jeune et qu’on n’a pas beaucoup d’expérience. Bénéficier de la confiance, du soutien et de la garantie de France Active m’a permis de démarcher les banques avec plus d’assurance et j’ai finalement réussi à décrocher un prêt dans une banque qui a cru en mon projet.

En plus de cet accompagnement, les ateliers proposés et les webinaires permettent de mieux comprendre certains points (j’ai participé à l’atelier sur la compréhension du plan de trésorerie) et de poser des questions à des professionnels. Mais surtout, de faire des rencontres avec d’autres entrepreneurs avec lesquels j’ai pu échanger et apprendre de leurs parcours.

Restaurant BellAlsace

10 Rue du Ried, 67150 Gerstheim

03 67 99 77 10

Denise ARNOLD

Présidente de Patrimoine et Emploi

Denise, pouvez vous nous en dire plus sur Patrimoine et Emploi ?

Depuis près de 20 ans, Patrimoine et Emploi permet à 22 personnes éloignées de l’emploi de reprendre pied par l’activité. En 2024, face à des défis de structuration et de trésorerie, l’association a sollicité France Active Alsace pour un soutien à la fois financier et stratégique.

Nous faisions face à une tension de trésorerie sérieuse, liée à des retards de versement de subventions. Le prêt à taux zéro a été une bouffée d’oxygène, et l’accompagnement nous a permis de poser les bonnes questions sur notre modèle.

Quels défis rencontre votre structure ?

Comme beaucoup d’acteurs de l’insertion, nous devons conjuguer qualité de l’accompagnement social et équilibre économique.
Cela implique de chercher des chantiers adaptés, d’ajuster nos moyens, et parfois de nous réinventer dans notre fonctionnement, qui plus est, en milieu rural.

 

Justement, quelles sont ces spécificités en milieu rural ?

L’insertion en zone rurale, c’est autre chose. Il faut composer avec un tissu économique plus restreint, une moindre densité d’opportunités, et des publics parfois très éloignés de l’emploi. On ne peut pas tout faire. Il faut identifier des activités compatibles avec le rythme et les capacités des personnes qu’on accompagne. Et cela suppose de travailler main dans la main avec les acteurs locaux.

 

Vous évoquez aussi la nécessité de “sortir de la vallée”. Que voulez-vous dire ?

Nous sommes très ancrés localement, mais pour assurer la pérennité de notre projet, il faut aussi regarder au-delà. Sortir de la vallée, c’est nouer des partenariats, construire de nouvelles synergies, renforcer notre visibilité.

 

Quel message souhaitez-vous faire passer ?

L’insertion est une richesse pour les territoires. Il faut l’entretenir, l’adapter, la soutenir. Et cela passe par une coopération active entre acteurs associatifs, collectivités, partenaires économiques et financeurs.